KAMPALA – La Commission électorale ougandaise a officialisé ce samedi 17 janvier 2026 la victoire du président sortant, Yoweri Museveni. À 81 ans, celui qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1986 vient de décrocher un septième mandat consécutif, prolongeant un règne qui atteindra bientôt les 40 ans.
Les chiffres clés du scrutin
Selon les résultats définitifs proclamés par Justice Simon Byabakama, président de la Commission électorale :
* Yoweri Museveni (NRM) : 71,65 % des suffrages (environ 7,9 millions de voix).
* Bobi Wine (NUP) : 24,72 % des suffrages (environ 2,7 millions de voix).
* Taux de participation : Estimé à 52,5 %, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes échéances.
Un climat de répression et de contestation
Le scrutin du 15 janvier s'est déroulé sous haute surveillance. Comme en 2021, les autorités ont imposé un black-out numérique total, coupant l'accès à Internet et aux réseaux sociaux dès la veille du vote.
Bobi Wine, le principal opposant et ancienne star du reggae, a immédiatement rejeté ces résultats, les qualifiant de « parodie de démocratie ».
> « Nous avons assisté à un bourrage d'urnes massif et à l'enlèvement de nos agents électoraux par les forces de sécurité », a déclaré l'opposant depuis un lieu tenu secret, après avoir dénoncé un raid policier à son domicile vendredi soir.
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Les points de friction majeurs
* Dysfonctionnements techniques : De nombreux bureaux de vote ont signalé des pannes des machines de vérification biométrique, obligeant la Commission à revenir à un comptage manuel, une méthode jugée opaque par l'opposition.
* Présence militaire : La capitale Kampala et les bastions de l'opposition sont actuellement quadrillés par l'armée et la police pour prévenir tout mouvement de protestation.
* Inquiétudes internationales : L'ONU et plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé un environnement marqué par « l'intimidation et la peur », citant l'arrestation de centaines de partisans de l'opposition durant la campagne.
Et maintenant ?
Avec cette victoire, Yoweri Museveni consolide sa place parmi les dirigeants africains à la plus grande longévité au pouvoir. Si la stabilité est l'argument principal du camp présidentiel, la jeunesse ougandaise — dont la majorité n'a connu qu'un seul président — exprime une frustration croissante face au manque d'alternance.
L'opposition a désormais un délai légal pour déposer un recours devant la Cour suprême, bien que peu d'observateurs s'attendent à une annulation du scrutin.
Numbi Nday

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