Le cas de la condamnation de Constant Mutamba révèle une profonde tension entre le pouvoir judiciaire et la présidence en République Démocratique du Congo. Alors que la justice a rendu son verdict, son application immédiate a été entravée, soulevant des questions sur l'indépendance de la Cour.
Un verdict de la justice, une intervention de la présidence
La Cour de cassation a condamné Constant Mutamba à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds. Le jugement s'accompagne de sanctions strictes :
* Interdiction de voter et d'être éligible pour cinq ans.
* Interdiction d'exercer des fonctions publiques.
* Privation du droit à la libération conditionnelle et à la réhabilitation.
* Restitution de 19 millions de dollars.
Cependant, au lieu d'être incarcéré à la prison centrale de Makala, le condamné a été conduit au commissariat provincial de Kinshasa. Sur instruction de la présidence, il a été placé en résidence surveillée, le président Félix Tshisekedi invoquant des raisons de sécurité. Constant Mutamba a lui-même choisi de purger sa peine dans sa villa au complexe résidentiel "PROMENADE à GB diplomate".
Un conflit institutionnel et des questions en suspens
Cette décision, perçue comme une ingérence de la présidence, a provoqué un malaise au sein de la magistrature. Des discussions sont en cours entre la présidence et le Conseil supérieur de la magistrature pour résoudre cette crise institutionnelle.
En attendant le dénouement de cette affaire, Constant Mutamba se trouve à son domicile, une situation qui contraste fortement avec les termes de sa condamnation et qui alimente les rumeurs sur les liens entre le pouvoir et l'affaire de la société ZION CONSTRUCTION SARL.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire