KINSHASA, RDC - Un vent de purge politique souffle sur les institutions de la République Démocratique du Congo. L'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti au pouvoir, a lancé une offensive stratégique pour placer ses membres aux postes clés, un mouvement qui vise directement deux figures majeures de l'Union sacrée : le président du Sénat, Sama Lukonde, et le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
Cette manœuvre, qui s'apparente à une main basse sur les institutions, est justifiée par les cadres de l'UDPS comme une nécessité pour "protéger le pouvoir" du président Félix Tshisekedi. En réalité, il s'agit d'une consolidation de l'autorité du parti présidentiel en vue de garantir le contrôle total des leviers de gouvernance pour le reste du mandat et au-delà.
Lukonde et Kamerhe : Des alliés devenus des obstacles ?
L'offensive a débuté par des actions ciblées. Au Sénat, le bureau présidé par Sama Lukonde, ancien Premier ministre, est visé par une vague de pétitions signées par des sénateurs mécontents, dont une majorité est proche de la famille politique du chef de l'État. Officiellement, les pétitionnaires dénoncent une gestion opaque, mais en coulisses, l'objectif est de le remplacer par un membre de l'UDPS. Lukonde, bien que fidèle à la coalition, est perçu comme une personnalité trop indépendante et potentiellement capable de mobiliser ses propres soutiens.
La situation est encore plus délicate pour Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale et allié de poids du président Tshisekedi. Le leader de l'Union pour la Nation Congolaise (UNC) est une figure politique incontournable avec une forte base électorale. Sa popularité et son influence représentent un contre-pouvoir latent. Les actions menées contre son bureau de l'Assemblée nationale sont le signe d'une volonté d'affaiblir sa position et de le remplacer par une personne plus malléable et entièrement dévouée à l'UDPS.
Un risque politique majeur pour l'Union sacrée
Si l'UDPS parvient à ses fins, elle aura réussi à neutraliser ses alliés les plus influents au sein de la coalition au pouvoir. Cette stratégie de "tout contrôler" pourrait toutefois avoir un coût élevé. Elle risque de créer des fractures profondes au sein de l'Union sacrée, la coalition qui a soutenu le président Tshisekedi lors de la dernière élection. En écartant des figures de la trempe de Lukonde et Kamerhe, l'UDPS prend le risque d'aliéner des partis politiques entiers, qui pourraient choisir de se retirer de la majorité présidentielle.
La démarche de l'UDPS pose également la question de la démocratie et de la stabilité institutionnelle. En cherchant à monopoliser tous les postes de pouvoir, le parti présidentiel pourrait créer un climat de méfiance et de confrontation, sapant les fondements d'une gouvernance inclusive. L'avenir de l'Union sacrée et le fragile équilibre politique de la RDC dépendent désormais de l'issue de cette guerre de positions.

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